Visions du Réel 2025: Les Papas (réal. David Maye) | Critique
Si l’on constate, dans nos sociétés occidentales modernes, un certain progrès – certes loin d’être satisfaisant – en termes d’égalité entre hommes et femmes, il est un domaine qui demeure très inégalitaire : les relations parentales. Dans notre imaginaire collectif, la femme – la mère – y occupe une place prépondérante. Une image que David Maye s’attache à déconstruire dans son long-métrage documentaire Les Papas, dans lequel il accompagne, sur plusieurs mois, quatre pères, tous résidents en Suisse. Le film a célébré sa première mondiale à Visions du Réel 2025 dans la Compétition Nationale.
Alternant entre cinéma direct et discussions avec les protagonistes, David Maye met en images la diversité de la « parentalité » à travers ces quatre pères qui vivent des situations très différentes. Gaëtan est père de trois enfants. Poussé par son expérience personnelle, il a développé des ateliers pour aider les futurs pères à mieux se préparer à accueillir leur enfant. Julien a, quant à lui, fait le choix d’avoir un enfant, seul. Pour mieux vivre cette monoparentalité et œuvrer pour l’épanouissement de sa fille, il s’est rapproché d’un autre père qui vit une situation très similaire et tous deux ont développé un système de garde partagée, offrant la possibilité aux enfants de jouer fréquemment ensemble. En filmant les protagonistes sur plusieurs mois, le réalisateur explore aussi l’évolution du lien affectif que ces hommes développent avec leur enfant, qui se renforce à mesure qu’ils apprennent à se découvrir.
Avec une approche très réaliste et beaucoup de tendresse, David Maye nous incite ainsi à changer notre regard sur la paternité, et souligne les freins qui persistent à l’évolution de la place du père dans les relations parentales. À commencer par la grossesse et l’accouchement, des périodes pendant lesquelles les pères sont, habituellement, peu impliqués alors qu’ils pourraient jouer un rôle important dans l’accompagnement de la mère et le développement prénatal de l’enfant. En cela, le film rejoint le long-métrage documentaire The Labour of Pain and Joy, réalisé par Karoliina Gröndahl, dans l’exploration de méthodes d’accouchement plus douces pour les parents.



