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Cannes 2026 (Quinzaine des cinéastes) : Gabin (réal. Maxence Voiseux) | Critique

Maxence Voiseux propose un condensé de l’enfance du jeune Gabin, qu’il a vu se développer, en dix ans, et devenir un jeune homme confiant et passionné.

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Dans son premier long-métrage documentaire, Gabin, présenté en première mondiale à Cannes 2026 dans le cadre de la 58ème édition de la Quinzaine des cinéastes, le réalisateur Maxence Voiseux nous livre, au terme d’un tournage d’une dizaine d’années, le portrait lumineux d’un jeune garçon qu’il a vu grandir.

Gabin réside dans un petit village rural du Nord de la France, au cœur du pays de l’Artois. Son père, à la tête d’une boucherie qu’il a créée et fait prospérer au fil des ans, souhaite ardemment léguer cet héritage, fruit d’un travail acharné, à l’un de ses fils lorsqu’il prendra sa retraite. Sa mère, quant à elle, s’efforce de maintenir à flot sa petite exploitation laitière, peu mécanisée et tout juste rentable. C’est dans ce contexte que grandit le jeune garçon, tiraillé entre les injonctions de son père, son souhait d’aider sa mère, et ses propres aspirations qui se dessinent à mesure que son identité se construit.

À travers le parcours de Gabin, le réalisateur documente la résilience des jeunes générations dans un contexte économique difficile et de déclassement social de plusieurs professions pourtant essentielles à nos sociétés européennes modernes. Très éveillé, habile et perspicace, le jeune garçon comprend très jeune les enjeux auxquels sont confrontés ses parents : volume de travail conséquent, pénibilité et rentabilité incertaine, qui laissent peu de place à une vie de famille épanouissante. Il décide néanmoins de ne pas se détourner des rêves qu’il nourrit depuis son enfance, et de poursuivre son apprentissage dans la filière agricole. Avec le précieux appui des équipes pédagogiques qui l’accompagnent au fil des ans, Gabin façonne ainsi patiemment sa propre voie.

Le film se compose exclusivement de séquences de cinéma direct, filmées entre les huit (8) et dix-huit (18) ans de Gabin. Si Maxence Voiseux a recours au ratio 4:3, contribuant à créer une plus grande proximité avec son sujet, sa caméra demeure néanmoins à une distance appropriée, sans jamais heurter l’intimité des protagonistes ni révéler un quelconque jugement de sa part. La bienveillance et le respect que le réalisateur a envers le jeune garçon se traduisent notamment dans l’harmonie des plans et un étalonnage très réaliste.

Nous retiendrons l’optimisme et la résilience qui se dégagent du film, qui parvient en peu de temps à restituer dix années de la vie de Gabin et à créer chez le spectateur un sentiment de tendresse envers ce jeune garçon plein de vie.

Gabin (Dir. Maxence Voiseux, France, Germany, Switzerland, 105 min, 2026)

Our team is on site for the 79th Cannes Film Festival, from May 12 to 23, 2026.

Aurelie Geron

Aurélie is a Paris-born independent film critic and voiceover artist based in Montréal, Canada. With a passion for creative documentaries, she regularly covers prominent festivals such as Visions du Réel, Hot Docs, Sheffield DocFest, and CPH:DOX, among others. Aurélie is also a frequent attendee of Quebec's key festivals, including FNC and RIDM.

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